samedi 23 novembre 2013

La Mystérieuse Madame Je : Réincarnation

Elle est revenue. Celle dont je croyais m’être noyée sous ma tristesse et la pitié que je portais pour moi. Elle est de retour… avec un certain prix. Je croyais m’être perdue à jamais. Cette fille capable d’aimer plus qu’elle s’aimerait elle-même, cette fille prête à tout sacrifier pour ses proches et elle en sacrifierait même beaucoup pour des inconnus. La dépression a pesé fort sur mes épaules sur les dernières années et ma maladie a commencé à se faire voir peu à peu jusqu’à ce que je me dise que je ne peux continuer de me faire mal ainsi, de me tuer à petit feu même si l’on m’a dit que je n’allais probablement pas voir le cap de mes 40 ans… pas de petits enfants… pas de retraite… pas de rêve réalisé. Je suis toujours une petite fille et le serai toujours, car même si j’ai retrouvé ma personnalité enflammée, aimante, généreuse, cela ne m’empêche pas de garder ma fragilité et mon innocence, ma créativité.

Le prix à payer était cher. Les gens qui ne voient pas, les aveugles de ce monde qui ne voient que le bout de leur nez ou bien qui font un blocage sur tout ce qui les entoure n’ont pas ce genre de prix à payer et vivent dans l’ignorance de ce que c’est que d’être en vie, véritablement. Il faut effectivement souffrir, tomber, s’érafler les genoux, se déchirer la peau des mains, se cogner la tête et se faire pousser pour s’ouvrir les yeux. On n’en ressort pas ou bien on devient un véritable chef-d’œuvre; on devient la personne que nous voulons être ou bien nous savons que nous sommes meilleurs et nous améliorerons toujours. J’étais en chute libre pour les huit dernières années de ma vie. C’est plus que le tiers de ma vie entière! Je m’accrochais et m’écorchais sur les falaises acérées, dures, tranchantes et brutales. Et puis la thérapie a commencé. La médication. Moi qui ne voulais jamais régler ma vie avec la médication, me voilà incapable de survivre sans. La dernière augmentation il y a quelques semaines suivant ma séparation abrupte m’a fait me détacher complètement de ma personne. Je n’étais plus triste. Je ne ressentais plus de douleur. Certes, je me sentais seule après un an de vie commune, ce qui n’est que normal. Je me sentais bien… quoique je me sentais vide, mais je gardais les yeux fermés. Ce choc si dur, si soudain était trop difficile. C’était trop difficile de vivre avec ça sur le cœur. Donc j’ai tout fermé. Je n’ai rien ressenti pendant un bon 3 jours. Rien. Rien du tout. Je semblais normal, je souriais, je faisais des blagues et je disais que je me sentais seule, je manipulais, j’étais arrogante. Une personne normale, quoi. Mais je ne ressentais rien en dedans. Plus les jours passaient, plus je ressentais, mais avec détachement. Comme si mes sentiments n’étaient pas réels. Sauf la colère. La colère venait me chercher, me faisait bouillir en dedans. Mais j’ai appris alors que je chutais que la colère ne sert qu’à se faire du mal et avoir honte de soi par la suite. Donc je vais me coucher quand je suis en colère et lors de mon réveil, je ne ressens plus de colère. Je peux être amer, mais pas frustrée. La preuve que dormir sur une idée nous guide vraiment.

Le prix à payer est grand. Trop grand pour la nouvelle moi. Une chance que le prix à payer est pour l’ancienne moi. Celle qui était forte et prenait le tout avec brio. Bon… c’est certain que je retiens encore beaucoup du caractère que je me suis forgé durant les huit dernières années, comme le fait de me laisser le droit de pleurer pour laisser sortir les émotions et comprendre ma douleur. Je pleure là. Oui, oui, en ce moment même. Je pleure, car le futur parfait que je m’étais fait avant d’ouvrir les yeux, avant de comprendre de quoi est vraiment fait ce monde, a disparu et ne pourra être réalisé en totalité. Depuis toute petite et jusqu’à la fin de mon adolescence, j’étais certaine comme l’eau de roche que j’allais me marier avec mon prince charmant à mes 23 ans, que j’achetais ma maison à mes 25 ans, et que j’aurais mon premier enfant à 29 ans avec mon doctorat en main. Me voilà à 23 ans, seule, de retour chez Monsieur Dad et Madame Mom, car ma vie commune ne fonctionnait plus, ne faisait plus son affaire. J’étais trop difficile à vivre avec. J’étais trop malade. Maintenant que je me sens mieux, il ne veut plus de moi, car je l’ai trop blessé de mon ignorance, de ma propre douleur et de ma dépression, mes chicanes, mes irritations, mes défauts. Mais je ne suis pas qu’ignorante, en douleur, dépressive, toujours en train de me chicaner, irritée et je n’ai surtout pas tous les défauts du monde. Je suis parfaitement imparfaite. Je suis humaine et je suis heureuse d’être en vie. Je ne pense plus à me faire du mal. Je ne pense plus à en finir avec ma vie parce que c’est trop dur. Je sais que c’est difficile et qu’il va encore y avoir d’autre bas. Mais je suis entourée de personne que j’aime et je comprends maintenant comment je fonctionne, quoi faire pour me sentir mieux, pour essayer de ne me frustrer sans aucune raison ou pour de petites conneries.

Le fait qu’il aille à l’hôpital a réveillé en moi ma compassion, mais, surtout, mon amour pour lui… Monsieur Jeleveux a fait une crise d’appendicite. Deux jours à l’hôpital. Une opération. Je suis allée le mener à l’hôpital pour 8 h du matin à au moins une demi-heure de route ou même presque une heure. Nous avons passé quatre heures là et j’ai dû déplacer ma voiture de la rue à deux reprises, car il y avait un maximum de deux heures de stationnement. La deuxième fois que je suis allée déplacer ma voiture, j’ai allumé le chauffage avant de partir, mise la musique pour ne pas me geler les doigts ni les orteils et la voiture de la ville s’est stationnée derrière moi, prête à me donner une contravention. Je suis partie en souriant. La seule chose qui m’a fait sourire de la journée. Ça et savoir qu’il n’était plus en douleur constante. Je n’avais pas dormi plus de 20 minutes cette nuit-là. Beaucoup trop inquiète pour rien… vraiment rien… En fait, j’étais inquiète, car je me réveillais de mon inertie. Tous mes sentiments, ma personnalité, tout ce qui me représentait avant se réveillaient et je ne me sentais pas bien. Que faire dans ces situations? Du bénévolat. Je fais du bénévolat tous les vendredis pour une femme que je connais. Elle ouvre sa propre petite compagnie pour fournir fruits et légumes biologiques/organiques aux gens. Elle veut faire de la sensibilisation pour des fruits et légumes bio et, la voyant enceinte, je ne pouvais la laisser porter ces grosses boîtes, parler à tous les clients, s’assurer qu’ils aient correctement leurs gratuités de la semaine.

Je n’ai pas encore dormi. Je me dirige chez moi par la suite. Je reçois un appel. On l’opère. Je dois aller lui chercher des papiers au boulot pour sa convalescence. Je pars donc plus tôt que prévu et me dirige à l’autre bout de la ville pour faire cela pour lui. Je commence à comprendre… mais je ne veux pas me l’avouer. Pourquoi ferais-je cela pour un homme qui n’en a plus rien à foutre de moi? Il reste toutefois très gentil à mon égard, certes… mais il est toujours mal à l’aise en ma présence. Je me propose bien sûr pour faire toutes ces choses-là pour lui. Je retourne ensuite à l’hôpital, celle-ci beaucoup plus près, m’attendant à ne pas le voir avant son opération… mais j’arrive juste à temps. En même temps que l’infirmier de chirurgie vient le chercher. Je les suis donc, la civière et les parents de Monsieur Jeleveux. L’infirmier est très gentil, sent ma nervosité et m’inclut donc à la conversation avec un sourire chaleureux.
— Et c’est qui elle? Ta sœur? Ta blonde.
Petit silence avec un léger malaise alors que l’infirmier me regarde, que le père de Monsieur Jeleveux me regarde et sa mère regarde son fils.
— Mon ex.
— Ton ex! J’en veux une jolie ex de même moi aussi, qui vient s’assurer que je vais bien avant de me faire opérer!
Je souris. Je rougis. Je regarde MON ex qui m’évite évidemment du regard et rit de malaise. Il sait que l’infirmier a raison, mais sait aussi qu’il ne veut plus de moi, peu importe ce que je fais pour lui.

Ça fait mal, c’est certain. Il ne s’appelle pas Monsieur Jeleveux pour rien… Je ressens la douleur, mais l’accepte. Je laisse mes larmes couler alors que je me dis « Pourquoi je fais tout cela pour lui ? » Parce que je suis généreuse et gentille de nature. Je suis une mère innée. Je veux prendre soin de tout le monde et m’assurer que tous vont bien. Voilà pourquoi ça vaut la peine même si je dois à nouveau surmonter mon amour pour lui, me dire qu’il ne plus mien… et il faut surtout que je comprends que je ne suis plus sienne. Je veux qu’il le comprenne aussi, mais je suis pas mal certaine qu’il l’a déjà fait en me délaissant. Je lui en veux. Bien sûr que je lui en veux! Il a détruit mon avenir. Il m’a laissée tomber comme tant d’autres. Il a brisé le cœur qu’il a juré protéger. Il a brisé sa promesse me disant qu’il ne me laisserait pas à cause de ma maladie…


Mais il m’a ramenée à la vie. Et je lui en suis infiniment reconnaissante. Je me sens seule, c’est certain. Mais, au moins, j’ai du temps pour moi. Je vais entreprendre des projets qui me plaisent. Faire des activités qui me plaisent. M’entourer de gens qui m’aiment pour qui je suis, peu importe mon état de santé et j’ai tellement de gens qui m’aiment et que je n’ai pas aimés à mon retour… Je vous aime. Ne l’oubliez pas. Je ne vous le dis pas assez souvent, je ne vous vois pas assez souvent non plus. Mais je vais bien. Je suis triste, mais je vais bien. Ne vous inquiétez plus pour moi. Je vais survivre, car j’en ai envie.

dimanche 29 septembre 2013

La Mystérieuse Madame Je : Écrire dans son lit sur son cellulaire =

Écrire d'un téléphone portable.
Ce n'est pas facile, mais ça doit faire lorsqu'on n'a pas le choix. Cette nuit, je n'ai pas le choix. Je ne suis pas seule, Monsieur Jeleveux est dans l 'autre pièce et je ne veux pas qu'il me voit ainsi. Non, je ne suis pas en larmes. Non, je ne tremble pas. Physiquement, rien ne semble clocher. J'étais même en pleine forme toute la journée. C'est justement ce qui m'inquiète. Je sens que ce n'est pas de la vraie motivation, de la vraie bonne humeure. Je sens que c'est seulement ma maladie qui prend le dessus, que je suis sur le haut de la coline de cette montagne russe qu'est ma vie. Je sens que dans quelques temps, quelques jours, je vais me retrouver en chute libre vers le fond du gouffre, comme tous les ans. J'ai peur d'entreprendre quoi que ce soit, car je sais que je vais l'abandonner ou je ne vais pas réussir. Je ne finis jamais rien, mais c'est pourtant tout ce dont je rêves !

J'aimerais avoir tord. J'aimerais que tout cela change avec les pilules et les thérapies. Je déteste les médicaments, mais je n'ai pas le choix présentement, je n'ai pas la force de meforcer à ingèrer des potions naturelles et proférer des rituels guérisseurs. J'aimerais essayer, mais je ne veux pas abandonner. Je ne suis pas encore prête. Quand j'aurai la certitude que je ne suis pas que dans "une bonne passe", je vais essayer. Je vais faire du hot yoga, je vais faire du bouldering, je vais retourner au gym, je vais acheter que de la nourriture organique, je vais faire du bénévolat, je vais retourner aux études, je vais lire et je vais écrire tous les jours. J'aimerais avoir le temps, la patience, la volonté et l'argent pour tout faire, mais la vie est loin d'être parfaite.

Si ce n'est pas ma maladie qui me joue un mauvais tour, aujourd'hui était un merveilleux exemple de ce dont je suis capable de faire et créer ! J'ai fait une tonne de ménage, je suis aller prendre une marche santé avec Monsieur Jeleveux et regardez-moi ! J'écris ! Bon, je suis couchée dans mon lit et sur mon cellulaire, mais j'écris tout de même et j'ai mille et une idées de projets que je prends en note, car je sais que ce sont de bonnes idées. Si je ne les utilise pas, peit-être qu'un jour quelqu'un le fera à ma place ! Me revoilà de bonne humeur... et je dois me coucher.

Sur ce, bonne nuit et de beaux dodos à vous ! La nuit porte conseil et, de mon côté, les rêves sont géniaux, hi, hi !

vendredi 27 septembre 2013

La Mystérieuse Madame Je : Les Rêves Sont Géniaux

Me voilà prisonnière de ce donjon. Je n’ai aucune issue, je n’ai aucune arme pour me défendre, je suis seule au monde et personne ne me cherche, car ils m’ont tous abandonnée… Je suis là, attachée au mur par mes poignets en sang et, oh, comme ça fait mal! Je sanglote en silence, ne voulant pas attirer l’attention de mes bourreaux alors qu’ils préparaient je ne sais quoi encore pour me torturer. Après m’avoir fait perdre mes amis en les retournant contre moi, ils ont ensuite retourné le peuple contre moi, comme si j’étais traître à ma nation. Moi et mon grand cœur, je savais que ça n’allait pas m’amener que du bien! J’entends des pas dans l’autre pièce, un rire sinistre. Je frissonne, ne veux pas savoir la suite. Je veux tout simplement fermer les yeux et disparaître… mais mes yeux étaient grands ouverts. Ils virent facilement ce grand homme chauve au dos durci par sa posture croche, ses dents noires laissées à pourrir ainsi que ses larges mains menaçantes et pleines de cicatrices, prêtes à me faire subir toutes sortes de torture que pour son propre plaisir. Il vint s’assoir tout simplement sur un petit tabouret devant moi et me fixait. Mes poignets devraient disloquer d’un moment à l’autre, ça faisait tellement mal! Ma grimace faisait comprendre à mon bourreau que de pendre par mes poignets était un supplice dont je n’allais bientôt plus pouvoir supporter. Je crois que c’est exactement pourquoi il s’asseyait devant moi. Il voulait voir ma douleur et s’en nourrir.

Je ne le regardais pas, je n’en étais pas capable. Je fermais les yeux et laissais ma tête pendre contre ma poitrine, mes larmes mouillant ainsi mon chandail déjà sale de plusieurs jours. Mon état m’écœurait. Pas seulement ma douleur, mais ma puanteur et mon manque d’espoir aussi. Je m’abandonnais à eux, n’étais plus qu’une petite boule maigre de famine et de désespoir. Je ne bougerai plus. Je n’ai même plus envie de me sauver. Je veux que tout cesse, donc je ferme les yeux…

Un craquement de fouet me fit sursauter. Les yeux grands ouverts, je regardais sans comprendre la scène qui se déroulait devant moi. J’étais haute, au niveau du plafond, dans un coin de la pièce. J’étais incapable de bouger ou de sentir mon corps… mon corps! Je me regardais d’un coin sombre de la pièce! C’était bien moi qui avais sursauté et qui regardais avec effroi l’homme armé d’un fouet s’approcher de moi… mais je me regardais. Je me regardais supplier la personne qui tournait autour de moi de ne pas me faire de mal, de faire preuve de pitié, car je n’en pouvais plus. C’est aussi le genre de réaction que je pourrais avoir, mais je ME REGARDE! Je ne dis pas ces paroles, je ne ressens pas ces sanglots secouer ma poitrine, mais je le vois, je sais que c’est moi, mais je suis ici dans un coin de la pièce, haute pour pouvoir tout voir sans en manquer une miette. Je ne sens rien, physiquement. J’ai envie de me débattre et d’essayer d’aller m’aider, mais je ne semble pas avoir de corps… je ne le sens pas du moins, si j’en ai un. Alors que l’homme armé est derrière moi, il lève son fouet en riant de plaisir et abat le fouet…

— Aoutch!
Je ne pus m’empêcher de crier à tue-tête et plaquer ma main contre ma bouche par la suite, car il faisait noir. C’était la nuit! Je me retourne et c’est Monsieur Jeleveux qui me regarde d’un air fatigué, mais surpris et quelque peu irrité.
— Tu me plantais tes ongles dans la peau, tu m’as fait mal…
— Ah, je suis désolée, je faisais un gros cauchemar!
— J’ai bien remarqué… Ce n’est pas la première fois cette nuit en plus…
— Je ne me souviens même plus de mon cauchemar…

Il s’était déjà retourné et rendormi. J’étais couverte d’une mince couche de sueur froide, mais je brûlais. Je me retournai donc de mon côté aussi, me recroquevillant en petite boule encore terrifiée sous mon épais édredon. Je me mis à penser à cent mille à l’heure, m’étourdissant et m’effrayant encore plus. Je gémis et enfouis aussi ma tête sous la couverture. Je reniflai… eh bien. Je pleurais vraiment. Comme dans mon rêve, mon chandail au joli petit minou était trempé de larmes et de sueur froide. Justement, j’ai froid maintenant! Je grelottais sous les couvertures. Je n’avais pas la force – ni le courage — de me retourner et me coller contre Monsieur Jeleveux. De toute manière, je me trouvais assez dégoûtante que je n’avais pas envie de me coller sur lui et lui faire sentir mon corps puant et moite. Bon, puant, je ne sens pas vraiment quand je suis dans tous mes états, mais on ne sent pas une odeur qui est nôtre non plus…

Voilà l’alarme qui sonne pour me réveiller, me dire d’aller me préparer pour cette première journée de retour au travail. Je grogne toutefois et le mets sur « snooze ». Je ne me réveille pas tout de suite, oh non! Le cadrant se mit à sonner une deuxième fois. Puis une troisième. Puis une quatrième… Bon. Je me lève. Je saute dans la douche, car j’ai très froid! Encore froid! Et cette sueur froide me colle encore alors que j’ai pourtant dormi au moins quelques autres heures! Je me rue dans la salle de bain et allume la petite chaufferette pour nous garder au chaud lorsqu’on sort mouillés de la douche. J’allumai l’eau, plaçai mon rideau de douche pour ne pas asperger la salle de bain au complet et, en me réchauffant la main pour mesurer la température de l’eau, je me rappelle que je ne dois pas prendre des douches chaudes sinon mes cheveux vont décolorer… Rapidement, je passai sous l’eau et le savon et le shampoing et le revitalisant pour sortir en trombe et m’enrouler dans mon énorme serviette duveteuse. Je retournai rapidement me changer dans la chambre tout en séchant mes cheveux avec une autre serviette. Monsieur Jeleveux, lui, dormait encore comme un gros bébé. J’essayais de me rappeler mes rêves, mais je ne réussis point… moi qui, pourtant, me souviens toujours de mes rêves avec une clarté inimaginable!!

Les gens ne me reconnaissent pas avec mes beaux cheveux longs mauves, ma belle frange fraîchement coupée, mes nouvelles fringues et mon 10lbs en moins. Je disais un petit coucou gêné à mes amis et le reste devra venir voir de plus près qui est « la petite nouvelle » pour voir que je suis en fait l’employée revenue d’arrêt qui est chez la compagnie depuis au moins deux ans! Toutes les conversations que j’avais avaient un certain je ne sais quoi… Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus, mais tout ce qu’on disait sonnait une cloche!
— Es-tu prête pour notre rencontre?
J’ai sursauté si brusquement alors qu’on me tapait sur l’épaule que j’en suis tombée de ma chaise. Malheureusement pour moi, je suis mal tombée et me suis fait mal aux poignets. Je me retournai pour voir que tous les employés tout près me regardaient et que Monsieur Jeleveux, pas si loin, s’était levé pour venir s’assurer que tout allait bien. (Oui, oui, nous travaillons ensemble!!) Je me redressai en grimaçant de douleur, tenant mes poignets meurtris. C’était elle. Celle qui rendait mon travail si difficile. Si stressant. Qui me faisait redouter ce fastidieux retour. Je forçai un sourire sur mes petites lèvres roses et hoches de la tête. Elle ouvrit ses minces lèvres tirées pour parler, mais je secouai la tête avec empressement, me dirigeant déjà vers son bureau.
— Non, ça va, tout va bien! Allons-y!

Les gens commençaient à me reconnaître. Ils me pointaient du doigt, curieux, moqueurs et je vis même des regards remplis de pitié ou de colère en me voyant passer entre leurs bureaux pour me diriger vers LE SIEN. Elle m’emboitait le pas et ferma la porte derrière nous. Elle me souhaita la bienvenue au travail, me demanda comment ça allait, si j’étais prête à recommencer à travailler, qu’elle allait être là pour moi tout au long de ce retour progressif fastidieux… Moi je ne faisais que lui montrer un sourire faux, gêné, hochant de la tête une fois de temps en temps. Je n’aimais pas parler avec elle.
— Tu vas être dans la salle Porquépix pour tes formations. Tu n’as besoin de personne, car on va débuter avec de la lecture de ce que tu as manqué ainsi que des petites capsules de formation en ligne. Parfait?
— Ou-Oui Madame Black Witch!
Son ton avait soudainement changé pour un ton vraiment hostile et insistant. Je ne pouvais dire non à ça. C’était bien trop intimidant! Je pris mon sac à main, les papiers qu’elle me tendit et me diriger avec empressement vers la salle de formation dans laquelle j’allais être enfermée pour les sept prochaines heures.

Tout juste avant de débuter ma pause, Monsieur Formateur-en-Continue entra et me salua avec chaleur, me disant qu’il était content de me revoir et si bonne forme! Je rougis, bien sûr, et le remerciai.
— Tu regardes le beau Note 3!
Je me retournai vers mon écran où étaient affichées des nouvelles récentes que je n’avais pas encore eu le temps de lire. Un communiqué annonçant l’arrivée du nouveau téléphone formidable Samsung Galaxy Note 3 éclairait mon écran. Je souris et me tournai vers lui avec enthousiasme.
— Oui, exactement! Je vais me le procurer!
— Ouais, mais j’ai encore le mien à payer… c’est cher… Mes amis, eux, vont se le procurer. Je ne pourrai pas rester derrière avec mon « vieux » téléphone, donc je vais devoir me l’acheter.
Je me mis à rire de bon cœur avec lui, ça me faisait un bien fou! J’arrêtai soudainement de rire en réalisant quelque chose… Monsieur Formateur-en-Continue ne remarqua pas, car sa copine l’appelait de l’autre bord de la porte. Il la laissa entrebâillée. Je réalisais que j’avais rêvé à ce téléphone. Que je le maniais dans mes rêves, que je l’avais acheté.
— Oh, Monsieur Pretty Boy! Tu sais ce que tu devrais faire? Tu devrais l’ignorer pendant une semaine! Parce que là tu lui cours après et elle dit que c’est trop. Fais-lui remarquer comment tu es précieux et arrêtes de lui parler, de la contacter tout court!
La copine de Monsieur Formateur-en-Continue me vit au travers la porte et me sourit.
— Tu es d’accord avec moi, n’est-ce pas?
Oui, elle parlait à moi. La porte s’ouvrit et Monsieur Pretty Boy me vit. Il fut bien surpris de voir à quel point j’avais changé. Moi qui avais les cheveux courts, qui avais les cheveux châtains, qui ne portait que des vêtements simples, me voilà dans un habit chic bleu, ajusté à ma petite taille fine, le chemisier juste assez respectable pour qu’on remarque ma poitrine sans qu’on n’y voie de peau. Je ne pus le regarder, mais je savais qu’il n’en croyait pas de ses yeux. Je souris à celle qui m’avait posé la question et planta mon regard dans le sien pour ne pas qu’on remarque toutes les émotions qui éclataient dans mon cœur.
— Tout à fait d’accord!

Monsieur Pretty Boy avait une fréquentation amoureuse et… ça ne m’affectait pas! En fait, je trouvais cela ironique qu’il soit la pauvre victime recherchant l’attention de l’autre sexe alors que, dans notre cas, c’était moi qui était la petite catin qui tendait la main et qu’on se moquait en ne présentant que le bout des doigts…

Les rêves sont géniaux!!

mercredi 18 septembre 2013

La Mystérieuse Madame Je : Nous devrions tous avoir honte de nous-mêmes.

Nous devrions tous avoir honte de nous-mêmes.
Oui, nous devrions tous avoir honte de nous-mêmes. Honte à toi! Honte à ta mère, honte à ton père, à ta sœur et ton frère! Honte à moi, car oui j’ai honte. J’ai terriblement honte de me savoir un être humain et voir à quel point notre espèce est terrorisante, qu’elle est égoïste et cruelle. Non, nous ne sommes pas tous des racistes, des agresseurs, des violeurs, des menteurs, des lâches et des frustrés. Nous pouvons aussi être des personnes généreuses, de bon cœur, honnêtes, loyales, fières et saines d’esprit. Nous pouvons tous l’être! S’il vous plaît, soyez d’entre eux, je vous en supplie…

Je suis fâchée, je suis épuisée mentalement de ce monde qui tourne autour de la pression sociale, de mensonges politiques et tous ces vices que les Hauts Gradés cachent, contrôlent. Je suis si fâchée ces derniers temps de tous ces gens inertes, de toute cette colère mal guidée, de ces meurtres et ces viols et ces mensonges! Je n’arrive plus à dormir la nuit, car je fuis comme une enfant tous ces…

Je pourrais pleurer toutes les larmes de colère du monde dont cela ne changerait rien. Nous ne sommes PAS petits! Nous ne sommes PAS impuissants! Que pourrait faire un homme, un gouvernement contre une populace entière?! Nous avons du poids, nous avons du cœur, j’en suis convaincue que nous avons tous cette lumière en nous-mêmes! Ou est-ce simplement mon innocence de jeune fille, de catin, simplement mon ignorance d’ignorante, de mouton teint blanc alors que je devrais être multicolore, rebondissante de couleurs vives et bonnes!

Mes larmes mouillent mon oreiller, mes joues, mes vêtements et, finalement, mon clavier. Je n’en peux plus de rester inerte. Je n’en peux plus d’entendre de mauvaises nouvelles des médias contrôlés par de puissants actionnaires. Je n’en peux plus de devoir chercher pour trouver de l’information vraie, de trouver ces quelques personnes qui font réellement un changement positif dans la vie des autres. Assez, c’est assez! Je ne veux plus parler de choses triviales comme la Charte des Valeurs Québécoises. Je n’en peux plus de parler des corps retrouvés près de chez moi, des avions de célébrités écrasés. Je voudrais qu’on mette les vrais drames à la lumière du jour. Je voudrais qu’on parle des diamants de sang, je voudrais qu’on parle de la guerre civile en Syrie avec une opinion vraie et non biaisée, je voudrais qu’on parle de l’indifférence des gouvernements face aux dictatures et à la pauvreté alors qu’ils se cachent derrière des excuses de politique et d’argent, je ne veux plus qu’on cache la vérité sur les pays dont les richesses naturelles sont dérobées par qui s’y met la main, qu’on continue d’ignorer que le génocide au Rwanda a bel et bien existé et qu’il se perpétue au Congo, Congo qui fait face à 125 ans d’emprisonnement moral, du viol de toutes les femmes qui résulte à l’affaiblissement de la société au grand complet. Ils ne peuvent rien. Ils ne peuvent rien, car les grands Pays comme les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne subventionnent les Grands Hommes de ce pays riche, subventionnent leur dictature et, en vérité, aident les violeurs et les agresseurs et les meurtriers alors qu’on profite de leur or, de leurs diamants, de leur cuivre et tous les autres minéraux que nous avons si besoin pour nos cellulaires, nos avions, nos voitures, nos bijoux. OUVREZ-VOUS LES YEUX!!

Non, je ne suis pas une sainte dans cette histoire. J’ai un cellulaire dernier cri, j’ai des bijoux en argent et en or, j’ai une voiture, j’ai tous les luxes que peut me permettre mon salaire moyen; un style de vie que les gens du tiers monde ne savent probablement même pas possible. Je ne suis qu’une jeune femme et je suis riche comme une reine, j’imagine, à leurs yeux. J’ai une famille qui m’aime, qui m’a protégée et chérie, car elle en avait la force, le pouvoir. Ils n’ont pas cette chance. Même des gens dans mon propre pays n’ont pas cette chance et m’envient probablement alors que nous leur crachons dessus, les appelons de « bums » et les jugeons en croyant qu’ils ne s’achètent que de la drogue et de l’alcool avec nos piètres cennes que nous leurs offrons avec dédain et réluctance.

Oui, c’est à force d’anti dépresseurs et de LCN que je suis venue à voir que ma vie n’est pas si noire, qu’elle est vraiment rouge écarlate, brillante et jaune et orange et rose. Une amie sensée a partagé une vidéo d’une demi-heure sur le Congo et leur situation pittoresque. Ça a piqué ma curiosité de poupée délicate au cœur grand comme le monde, brisé et rapiécé. C’était la larme qui a fait déborder le vase. Mon ami m’a dit aujourd’hui d’écrire, car j’ai du talent, qu’il a besoin de mon écriture. J’ai aussi besoin de mon écriture, car c’est ma voix et, en ce moment, là, à quatre heures du matin, c’est tout ce que je pense à faire. Je me sens impuissante, mais je ne veux pas rester dans mon inertie, car je m’en voudrais à mort de fermer les yeux à nouveau, pour toujours et encore. Cela fait des années que j’ai connaissance du malheur au Congo. Je n’étais qu’un bambin quand le génocide du Rwanda a déchiré l’Afrique, je suis adulte alors que je fais face aux guerres en Syrie, en Égypte et tous les autres pays dont je n’ai pas encore connaissance ou que je cache dans mon subconscient comme nous le faisons tous depuis bien trop longtemps. Nous avons la force de faire changer les choses! La population, de son côté, s’attendait à ce que les enfants des Baby-Boomers sortent de leur sédation et changent le monde. Ensuite, avec les médias de plus en plus présents, avec la technologie qui avance de plus en plus vite, on se fie à ma génération — notre génération — pour changer les choses et j’aimerais qu’on se dise que nous sommes capables de changer le monde, car nous pouvons si nous nous unissons! Il ne suffit que de commencer à faire une Bonne Action, au moins une tous les jours! Ce n’est pas si difficile, bordel! Pensez-y! Les réseaux sociaux sont un bon petit exemple, pour commencer. Partageons sur Facebook les articles non biaisés nous informant des atrocités du monde et ouvrons nos yeux, regardons les images d’enfants mourant de faim, des femmes violées, des jeunes adolescentes qui se suicident sur Internet, ouvrons nos yeux sur l’intimidation. C’est une bonne action, oui oui! Twittons des liens vers des articles passionnants, vers des pétitions pour arrêter la vente des animaux dans les petites animaleries du coin, de revendeurs sur des sites de petites annonces qui sortent leurs chiens et leurs chats d’usine où ils forcent les pauvres bêtes à se reproduire comme des lapins jusqu’à leur mort. Prenons des photos sur notre Instagram qui démontrent les violences de tous les jours que nous trouvons malheureusement banales comme un enfant qui se fait pousser dans la cour d’école, une voiture dont un insignifiant écorche la peinture de ses clefs. Prenons des vidéos avec nos iPhone et nos téléphones Android des méfaits, des actes policiers abusant de leur pouvoir de fausse justice, d’un homme dans un autobus qui intimide une pauvre femme voilée devant tout un public silencieuse et HONTEUSE. Affichez cela sur votre compte Youtube avec fierté, donnez-le au canal de nouvelles comme un brave l’a fait même si ledit canal est biaisé. Les gens comme vous et moi vont voir cela et vont changer leur attitude, partager le scandale et sensibiliser les autres!

Soyons honteux, mais fiers! Changeons le monde une BA par jour. Retenons-nous de jeter notre gobelet de plastique de chocolat chaud glacé Second Cup dans la poubelle et cherchons un bac de recyclage à la place. Tenons la porte à la personne derrière nous. Donnez les trente-cinq cents qu’un enfant cherche désespérément dans le fond de ses poches pour acheter ses bonbons. Encourageons les musiciens dans les rues en les écoutant une minute, une petite minute de votre temps. Le temps c’est l’argent, que tout le monde dit, mais cette minute vaut de l’or aux yeux de ces artistes paumés. Disons bonjour aux conducteurs d’autobus en entrant dans le transport en commun, donnons la pomme de notre lunch à un sans-abri sur le bord du trottoir qui ne nous regarde même plus dans les yeux, car il sait que nous sommes mal à l’aise devant une telle pauvreté alors que nous allons nous prendre une latte à la citrouille épicée chez Starbucks.

Je ne vous demande pas de faire un don de 100 dollars si vous n’avez pas cela dans votre budget – mais surtout, ne vous empêchez pas non plus si vous pouvez! — à une cause humanitaire. Je vous demande de commencer par petits pas, une Bonne Action par jour et partagez l’amour que vous avez, car il y a beaucoup plus de monde qui en ont besoin que vous ne pouvez le croire. Moi, j’ai mon blogue, mon écriture, ma voix. Je suis une utilisatrice acharnée de Facebook et, croyez-moi, je vais partager mon texte avec le monde entier. Je vais demander à tous mes amis de le partager sur leur mur, de le twitter, de prendre une photo de leur BA et de mettre le #lien sur leur Instagram ou peu importe où vous voulez. Cherchez des articles encourageant, frôlant l’anarchie si vous voulez sur le thème de « changeons le monde » et de « réagissons », « agissons mieux », « pensons vert », « aidons notre prochain ». Il ne faut pas une religion ou un professeur ou un gourou pour nous dire que de donner va faire sourire quelqu’un et probablement faire sa journée. Regardez Michel Barette qui a sauvé un jeune homme du suicide. Il passait par là en voiture et a fait une sacrée BA en arrêtant et en lui parlant pendant une heure. Regardez Ian Somerhalder qui a sa propre fondation humanitaire. Regardez cette employée du Tim Horton qui vous souhaite « passez une belle journée! » avec un sourire honnête. Ça ne paraît pas toujours, car ils ont un salaire médiocre et des conditions de travail assez serrées, mais ils travaillent fort pour vous servir, vous, Monsieur, Madame tout le monde.


Faites votre Bonne Action. Réussissez votre résolution de l’année. Dites à vos amis que vous les aimez. Ne textez pas au volant. Donnez un câlin à votre chien. Embrassez votre mère. Donnez des fleurs à votre blonde. Moi, je partage sur Facebook après avoir mis ceci sur mon blogue et je souris en repensant aux deux beaux chiens que j’ai marché aujourd’hui à la SPCA. Une petite BA qui m’a même fait plaisir d’accomplir, car ce sont de jolis toutous enjoués que j’aime. Et je vous aime, vous aussi. Oui, je vous aime et j’ai foi en vous. Je sais que si vous avez lu ceci jusqu’ici, vous allez penser à faire votre BA, vous allez – j’espère — passer le mot, partager partout et essayer de changer le monde avec de grands et petits gestes. Je vous aime. Souriez, car j’ai séché mes larmes et vous sourit derrière mon écran.


Un grand MERCI à Monsieur Kitty de m’avoir ouvert les yeux et m’aider de retrouver ma voix.
Un merci spécial à Madame Beddington's pour avoir fait déborder le vase.

vendredi 19 octobre 2012

La Mystérieuse Mme Je : Arrêt de travail, trou dans mon coeur

Je me demande quoi faire de ma peau. Je me demande ce que je vais faire les jours où je suis privée de travail et que tous autour de moi n'irritent. Je n'ai plus envie de responsabilité, je n'en peux plus de me décevoir. Ils attribuent cela à mon traumatisme... parce que j'ai perdu mon bébé, parce que j'ai vécu une agression rare qui ne devrait pas arriver à personne... mais nous habitons dans un monde cruel. Je sais ce que j'ai vécu et je sais ce que j'en ressens. Je n'en ressens rien. Rien du tout. Mon bébé me manque, il y a un trou béant dans mon coeur qui me laisse envieuse de rien et de tout en même temps. Qui me garde ronchonneuse et irritée et triste et... et... et...

C'était un beau matin. Je me préparais. Je me préparais parce que je retournais finalement au travail après un long congé. Un long congé mérité même si la plupart pensent que je n'ai que profité du bon temps et du beau temps. Pfeuh...
C'était un beau matin et je sortais de la douche. Un matin chaud, mais ma douche l'était encore plus. J'adore les douches brûlantes et rien de mieux pour se réveiller et se mettre en forme pour le boulot ! Je m'étais fait un sandwich Nutella et beurre d'arachides, mon sandwich favori. Surtout pour déjeuner. Un bon gros verre de lait en plus ! Moi qui n'aime pas le lait...

Je l'entendais trembloter, mais je n'en fis rien. C'est normal après tout, un nouveau matou partageait maintenant notre espace. Je l'aimais bien, cette grosse boule d'énergie et de muscles. Elle me suivait partout en hurlant de bonheur, me fouettant les cuisses de sa longue queue telle un fouet. Mademoiselle Terra me comblait bien et ne semblait pas trop s'ennuyer même si elle était séparée de Madame Soeur. Mon bébé, lui, un peu moins. Il était intimidé par ce corps beaucoup plus gros que le sien. Il était terrorisé par toute la puissance et la confiance qu'exhibait Mademoiselle Terra. 

Puis, alors que j'appliquais le crayon noir autour de mes yeux, j'entendis un grognement sourd. Je me suis retournée juste à temps pour voir mon bébé essayer de se frayer un chemin jusqu'à moi ; le voilà dans le cadre de porte, regarder le gros boxer américain qui plongeait déjà sur son petit corps chétif... Un cri s'échappa de ma gorge alors que j'échappai mon crayon dans le lavabo, n'y faisant guère attention... Mon attention n'était portée à nulle autre que Mademoiselle Terra qui prenait mon pauvre bébé entre ses crocs. J'étais déjà plongée sur elle, la prenant par le collet... mais elle est si forte qu'elle me repoussait en secouant de la tête seulement, envoyant mon pauvre petit bébé se cogner violemment sur le mur, sur la tête de lit. Je criais de toutes mes forces, tirais sur son collet alors que l'autre main, elle, tentait d'amortir les coups à mon bébé. D'un coup d'épaules, la chienne me projeta contre une table de chevet. Je revins rapidement à la charge en lui hurlant d'arrêter, ne sentant aucune douleur alors que ses griffes arrières me lacéraient le flanc gauche lorsque je la pris par le collet et tirai. Je glissai mon autre main courageusement dans sa gueule puissante pour la forcer à lâcher mon bébé. Il réussit à s'enfuir en-dessous du lit alors que moi je tirais encore sur le collet de toute mes forces. J'ouvris la porte et la poussai dehors, toujours en criant. Je m'effondrai au sol en pleurant, criant au désespoir. Alors que les images de mon pauvre petit bébé secoué dans les airs dans cette puissante gueule, la porte s'ouvrit et cogna fortement dans mon dos. Je fus assez rapide pour la prendre par la poitrine et la repousser en criant de rage. Je n'avais plus peur, j'étais enragée qu'elle OSE pointer à nouveau le bout du museau chez moi. Je la poussai si brusquement dans le vestibule que j'en eus de la difficulté à ouvrir la porte extérieur pour l'y envoyer l'intruse. 

De retour à l'intérieur. Les deux portes fermées. En sécurité. Je sens un liquide chaude recouvrir mon visage d'une couche épaisse. J'entends toujours mon petit bébé crier de douleur sous le lit. Je vais à l'autre bout du lit et l'appelle doucement, secouée de sanglots. Je l'appelle et je sens ma mâchoire molle, j'en ai de la misère à articuler. Il y a de l'urine et des selles partout ; le pauvre a eu si peur qu'il s'est échappé partout. Je le prends dans mes bras et le berce un peu alors que je ramasse quelques selles à l'aide de papiers hygiéniques. Je sors ensuite avec hâte, ne voulant pas croiser l'agresseur. J'entre rapidement chez Madame Mom en sanglotant bruyamment, en respirant difficilement. Je l'entends m'identifier à Madame Soeur alors que j'arrive à leur hauteur. Madame Soeur s'est déjà levé de son siège, alarmée par mes sons inquiétants. Tout de suite, elles crient de surprise et s'approchent de moi, se demandant ce qu'il s'est passée. Je suis si secouée par les évènements que je n'arrive qu'à leur dire "Il a bobo, est-ce qu'il est correct ? Prenez soin de lui !!"

Madame Mom de le prendre de mes bras et Madame Soeur de me diriger vers la salle de bain alors que Mademoiselle Terra entre par la porte que j'ai mal fermée et grogne... je me mets à crier, reprends mon bébé qui recommence à crier de terreur et m'enferme à clef dans la salle de bain, tremblant tellement que j'en tenais à peine debout. J'entends Madame Soeur me rassurer qu'elle ne peut plus entrer, que tout est fermé et de les laisser entrer. J'ouvre la porte et Madame Mom entre à nouveau. Je peine à respirer, je vois noir, je suis en pleine crise d'anxiété et je serre, je le serre contre moi. Madame Mom me le prend des bras et me répète, les larmes aux yeux, de m'asseoir. Me genoux cèdent et je me retrouve assise en position foetale sur le carrelage froid. 

"Oh, ma pauvre, que t'est-il arrivé au visage, tu saignes !"

Je me déshabille en gémissant, disant que j'ai des excréments partout et Madame Soeur de pointer mon flanc en sang d'un doigt terrifié. Elle s'enfuit rapidement alors que moi, je m'accroche au lavabo, regardant mon visage tuméfié dans le miroir, la bouche en sang, le flanc déchiré et je leur racontai ce qui s'était passé...

Un trou béant dans mon coeur depuis que ceci est arrivé et que nous avons dû nous départir d'un membre de la famille... Nouveau membre de la famille, mais on ne l'aimait pas moins. Et voilà le trou dans mon coeur qui m'empêche d'aller travailler, qui m'empêche de m'amuser et de sortir. Quand je vois des gens, j'ai toujours envie de leur grogner après pour les éloigner, car si le trou dans ma poitrine s'élargit, je ne pourrai plus le supporter et vais crouler de l'intérieur. Madame Terra me manque et Monsieur Coco est traumatisé, mais va mieux. Le vétérinaire a dit qu'il était un battant. 

dimanche 9 septembre 2012

La Mystérieuse Mme Je : J'ai découvert ce que goûte la défaite


J’ai découvert ce que goûtait la défaite. J’y ai toujours goûté, évidemment, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Ma vie n’est qu’une énorme défaite dans laquelle je me perds, dans laquelle j’essaie de me retrouver, de trouver qui je suis réellement. Je ne veux pas être ce qu’on dit de moi. Je ne veux pas être celle que je dois être. J’aimerais simplement être moi. Pour moi. Je n’arrive pas à me trouver jolie pour ce que moi je trouve joli. Je n’arrive qu’à voir l’image d’une société déchue, s’étant écroulée sur elle-même, sous le poids du capitalisme et d’un masque superficiel.
J’ai découvert, en ce soir noir et sombre, en cette nuit sans vie, ce que goûte la défaite. Je l’ai découvert en remarquant que, malgré les innombrables essais de m’en convaincre autrement, je suis qu’une vile démone. Je ne sais pas ce que je veux. Je sais seulement que je peux utiliser mes atouts pour obtenir l’ombre de ce que je désire. Je suis un succube sans merci qui jette tous ceux qui me croisent à mes pieds. Je ne comprends même plus comment je le fais, mais je soumets tous ceux qui osent croiser mon regard. Je me mets à être une sale capitaliste qui n’assouvis jamais sa soif de pouvoir, de contrôle. Je deviens une vile capitaliste du monde des sentiments. Je veux ressentir autre chose que de la tristesse, que du désespoir. Je veux ressentir… alors je me jette dans d’éphémères relations. Je croque les hommes comme je croque les pommes cueillies fraîchement du verger. Ne vous demandez pas pourquoi je ne m’associe pas énormément aux femmes ; je n’ai pas autant de pouvoir sur elles. Je sais exactement quoi dire à qui veut bien l’entendre… J’étudie les gens et je me concentre sur les plus faibles, ceux dont la volonté est facile à manipuler, à briser sous mes ongles d’acier et de larmes.

Je ne me fais plus d’illusions. Je ne crois plus en l’amour ou au destin. Je ne me fais plus d’illusions. Je ne crois plus au destin ni en l’amour. Je dois me le répéter dans toutes les langues, de tous les sens possibles, car c’est une réalité bien difficile à accepter. Toute ma vie, ces deux préceptes de l’humanité étaient mes anges gardiens, les protecteurs de ma sérénité… mais depuis que j’ai perdu foi en l’humanité, j’ai perdu le Nord, j’ai perdu la Volonté. J’essaie de combler le vide qu’on m’a imposé, vide qui ne quitte plus mon être déchu… J’essaie de combler ce vide avec des biens matériaux, des sorties sans bon sens, des connaissances enchanteresses, des hommes au cœur d’or.

Je ne m’aime plus. Je ne me suis jamais aimée. Je n’aime surtout pas ce goût de guimauve brûlé sur ma langue, qui chauffe ma langue jusqu’au creux de mon bassin, qui me réchauffe tout entier en un énorme coup de chaleur qui me monte à la tête, qui m’étourdie, qui coupe toute sensation dans les extrémités. Je n’aime pas cette femme que je suis devenue. Je n’aime pas celle que j’aurais voulu être, celle qui a tant d’attention, qui a presque tout ce qu’elle veut, qui réussit à soutirer tout ce qu’elle souhaite des malheureux qui risquent de croire à ses belles paroles. Je ne veux pas être celle que je suis devenue, celle que je voulais être. Je retire mes paroles ; je veux être moi et personne d’autre ! Je veux réussir à sourire sans avoir besoin de forcer les 17 muscles de mon faciès pour faire croire aux gens que je suis heureuse, que tout va bien, que je les apprécie, que je les aime, que je ris de leur blague. Je veux avoir un vrai sourire, un véritable. Pas un sourire que je vais questionner un peu plus tard, lorsque la pénombre va s’être creusé un chemin vers mon cœur et l’aura atteint de plein fouet, cœur si faible et déjà en pièces piétinées par mon propre égo. Je veux sourire. Je veux sourire par moi-même pour pouvoir sourire par le cœur d’autrui.

lundi 27 août 2012

La Mystérieuse Mme Je : Je suis une poupée poétique

J'aimerais que la noirceur me surprenne et me cloue au lit, me suffoquant de ma souffrance et me forçant à y faire face. J'aimerais que mon esprit poétique, que mon esprit critique, que mon esprit analytique y voit la solution ou au moins la base. Peut-être un calmant autre que la drogue et l'oubli, la débauche et la déchéance. J'aimerais trouver mon Monsieur A, mon Monsieur Éternel. Mon soutient, car je suis dépendante de l'amour dans ma pensée morose, dans mon coeur de princesse. J'aimerais prononcer les paroles "oui je le veux" et qu'on demande si on a une objection ou sinon rester dans le silence à jamais, car mon coeur, lui, en est incapable. Je commence à me connaître de mieux en mieux et je sais surtout de ne pas me faire confiance. Je ne suis pas fiable. Je ne suis pas guérie. Je ne veux pas me plonger tête première dans une aventure ou je n'en connais les péripéties, mais que la fin. Je sais que les petits détails aux grandes lignes comme les tremblements des feuilles d'automne ou le frissons de la neige d'hiver. Je veux plutôt une aventure du renouveau des bourgeons et de rayons du soleil reflétants sur la plage. Sur cette plage, j'aime m'y imaginer seule, face au soleil couchant d'un rouge de Mars. J'aimerais m'y imaginer la douce caresse d'une main de vent si connue du nord-ouest qui me vient de sud-est. J'aimerais ne pas être une métaphore, mais bien être une assertion. 

Les mots ne seront jamais assez pour me décrire, car nous sommes complexes et en même temps linéaires, comme un best seller. Je ne suis pas linéaire et loin d'être un best seller. Je suis plutôt le dictionnaire des rêves ou des anges sur lequel on pose un oeil curieux, qu'on caresse son exotisme, mais qu'on finit par comprendre après quelques pages feuilletés que tout est bidon. Bel et bien différent, mais pas de la bonne façon. On remarque bien vite que l'exotisme tourne à la dérision dans un souffle de panique. Je ne suis pas un best seller et surtout pas un vampire scintillant ; je suis une poupée brisée par le passé au masque d'argile fissuré, rapiécé par les larmes et la bonne volonté. Je suis une petite poupée habillée de vieux chiffons usés qu'on n'a pas voulu garder. Je suis une poupée au grands yeux bleus et verts et gris dans lesquels la mélancolie se lisent jaune et en pie. Je suis une belle poupée à la laideur hypocrite d'une ventriloque au doigts habiles, bien cachés sous de jolies robes et faux sourires. 

Ne vous y méprenez pas ; mon souhait a été exhaussé. Je suis redevenue la moi d'antan avec mes problèmes présents. Je suis une moi qui comprends que se perdre dans le passé brise notre futur et ne permet aucun avancement sur le plan de l'esprit. Je dois travailler sur moi et commencer par me sourire à moi-même dans le miroir de mon âme sinon rien ne reviendra. Rien ne reviendra... Rien ne redeviendra ou ne reprendra. Rien ne sera et tout était, donc que suis-je dans le présent ? Je me sens dans un néant continue, pataugeant dans ma propre capacité à m'analyser, mais à être incapable de me solutionner. Je me sens moi sans me sentir moi en même temps. Je me sens Était et non devenir. Devenir n'est pas ce que rien n'était. 

Je me perds dans les méandres de mes pensées. Mon brouillard de manque d'amour me voile mes solutions et ne me présente que les anxiétés que je peux bien ressentir pour n'importe quoi. Je peux bien me ronger l'esprit ; je suis incapable de me trouver et je n'arrive pas à m'aimer même si je m'y convaincs. Je n'arrive pas à m'aimer, car je ne suis pas parfaite même si je sais que la perfection n'existe pas comme l'utopie est la rime du poète. Je semble être allergique à la réussite, car la projection que je me fais me guide vers l'avarice et la vanité. Mes échecs me soumettent à la colère et l'orgueil. Mes conséquences sont l'envie, la gourmandise et les préjugés alors que mon égo ne quémande que luxure. Je suis capital et péchée de ligne claire. Je me fais maux de tête et insomnie pour un rien et surtout pour une depress kid qui ne s'en remet pas de l'ensemble de son moi présent inexistant et compliqué. 

jeudi 16 août 2012

La Mystérieuse Mme Je : Me mentir te montre la vérité


Comment une seule personne peut faire ressentir autant d’émotions mixtes en même temps à une autre personne qui lui était chère ? Comment l’être humain fait-il pour ressentir des émotions aussi fortes ? C’en est anormal. Vraiment. Je suis anormale avec tous ces sentiments exagérés, cet impression d’être constamment harcelée par mes sentiments beaucoup trop puissants pour que je puisse les contrôler. Je suis toutefois assez intelligente pour ne pas m’ouvrir la gueule, ces derniers temps.  Je suis assez intelligente pour ne pas parler de ce qui se passe avec moi qu’aux professionnels de la santé mentale qui me suivent et Monsieur Inquiet, le meilleur des amis. Qui me soutient énormément. Je suis si soulagée lors de nos brève conversations à sens unique où je déballe mes sentiments et mes craintes devant lui, me laissant dénudée de mes protections, vulnérable. Je ne veux paraître vulnérable que devant lui, car il est bon et ne profitera pas de ma douleur pour me manipuler. Il ne me violerait jamais dans ma solitude et mon mal être. Oh, oui ! Je suis si mal à l’intérieur… J’aimerais croire que je ne suis pas aussi brisée que je le suis réellement, je me fais des illusions, mais se mentir à soi-même est montrer la vérité aux autres, car on a bien de la difficulté à mentir aux autres alors qu’on se ment à soi-même, c’est évident. Comment peut-on cacher l’incertitude derrières nos paroles lorsque nous ne les croyons même pas nous-mêmes ? Peut-être est-ce parce que je suis trop faible, présentement, que je suis incapable de cacher aux autres ce que je ne veux pas voir moi-même…

Mais non. Je suis forte. J’ai traversé cette période noire de mon existence et je suis allée chercher l’aide dont j’avais besoin. J’ai mis au clair ce que j’avais à dire avec les gens que j’aime et ceux que j’aime moins. J’ai repris de la confiance dans ce qui s’est passé, j’ai remarqué que je n’étais peut-être pas qu’un enfant après tout ce que j’ai vécu, mais bien une jeune femme blessée par la vie, beaucoup trop sensible pour son propre bien. J’ai besoin de mûrir, de me contrôler avant de pouvoir entreprendre une relation, quelle qu’elle soit. Je sais que je ne me suis pas détachée de Monsieur Pretty Boy, que j’ai encore des sentiments pour ce jeune homme si attirant, si doux à ses moments et si intéressant… Je le sais. Je ne le veux pas puisque je me suis fait blesser, parce que je n’ai plus de chance de toute manière, mais le cœur ne décide pas qui il aime ni quand il sera remis de ce douloureux abandon. Aujourd’hui est un très bon exemple de la douleur pure que je ressens lorsque je suis près de cette personne qui était au faîte de la perfection. Pour moi, il était parfait. La preuve que la perfection n’existe pas est qu’il m’ait blessée. Peu importe…

Je suis nerveuse et ce depuis quelques jours ; je mange mal, j’ai d’atroces migraines, je ne dors pas ou trop. Je ne me sens pas bien dans ma peau, comme si j’avais envie de m’en débarrasser, comme si je voulais tout simplement plus la voir ni la sentir. Je serais si bien sans cette peau… J’ai souvent l’impression qu’elle m’enlaidit avec sa pâleur, son manque de vie. Qu’elle est opaque et matte, sans rebondissement ou splendeur. J’ai toujours voulu être quelqu’un d’autre. Une grande jeune femme aux longs cheveux blonds, aux yeux en amandes d’un azur parfait, mince et aux formes voluptueuses. Je ne suis qu’une petite femme aux cheveux châtains courts, aux yeux ronds verts, de taille moyenne. Si j’étais mon modèle parfait de beauté, je serais aussi le modèle parfait de beauté de plusieurs autres hommes. Comme Monsieur Pretty Boy. Je ne devrais pas le mentionner trop souvent, je vais paraître encore énamourée de lui. Je suis tout simplement en quête de mon cœur, retrouver tous les morceaux et le rapiécer. S’il ne veut pas m’aider alors tant pis pour nous. Je sais que j’ai beaucoup à donner, mais je sais aussi que je suis beaucoup de responsabilités à prendre. Je ne suis pas une petite poupée parfaite avec laquelle on peut jouer tous les jeux qui nous tentent. Non, je suis une petite poupée brisée et sombre qu’on doit aimer et chérir. Qu’on doit aider à recoudre tous les morceaux de son corps désarticulé, tous ces morceaux limpides qui pendouillent comme les dernières feuilles d’automnes prises dans le vent glacial de l’hiver sans pouvoir se décrocher de leur propre cercueil.

Aujourd’hui, j’ai vomis. Ce matin, ce soir. Hier soir. J’ai trop dormi, même si cela a complètement restauré mon corps. Sans ces treize heures de sommeil, je n’aurais pas été capable de me rendre au travail aussi bien habillée, peignée et maquillée. Je me serais traînée en pantalons avec un semblant de confort et en t-shirt qui me réconforte. Je me suis mise en belle robe que personne n’avait encore vue au travail. Sauf Madame Sœur et Monsieur Pretty Boy. C’est une très jolie robe grise et noire que je devais porter sous un châle noir pour respecter le code vestimentaire du boulot où on ne doit pas voir les épaules. J’ai rougis sous le torrent de compliments. Je me suis aussi sauvée le plus possible de lui, ne voulant pas qu’il voit mon désarroi… mais qui puis-je duper avec ce petit minois de femme  abusée ? De petite poupée terrorisée et atrocement seule ? Personne, pas même moi-même. J’aimerais ne rien ressentir ou ressentir moins, être vilaine et me moquer de lui, répandre toute la douleur qu’il m’a causée sur tous les toits, en dire plus qu’il en faut et… j’arrête-là. Je ne suis pas une vilaine petite fille. Je ne suis qu’une petite poupée blessée, malade à la vue d’un simple jeune homme. Même penser à lui me rend malade.

J’ai pourtant réussi à passer la plupart de ma journée à l’entendre, rager d’écouter sa voix charmante qui m’accroche, là, à l’apex et me supplie de lui parler, de faire n’importe quoi pour le ravoir. Mais ça ne se passera pas comme ça. Pas si j’ai un mot à y dire et j’ai même tout un monologue à présenter sur ce sujet ! C’est ma vie, personne ne va la diriger. Que moi et je ne veux pas que mes sentiments ruinent cette image que je me suis fait de moi-même. Je ne veux pas qu’il me voit comme je me vois parfois. J’aimerais être plus forte que ce que je suis, mais je n’y arrive pas. Surtout pas du jour au lendemain. C’est vrai, quoi, je peinais à soutenir son regard. Je devais déplacer le mien, m’enfuir. M’enfuir loin. Je suis inconfortable lorsqu’il est tout près. Je sais ce que ses mains sont capables de faire, je sais exactement ce qui se cache sous ses vêtements et j’ai envie de m’y coller et de me laisser bercer par mes envies qui me brûlent le bas-ventre depuis plus longtemps que je ne me le permets. Il m’a souri, j’ai plongé tout mon attention sur ce que mes mains faisaient et j’ai foncé devant moi, mettant le plus de distance possible entre nous deux. Je suis certaine qu’il tentait d’être gentil, je ne sais pas s’il connait l’étendue des dégâts, s’il me hait, s’il a envie de mon corps, s’il me respecte… J’aimerais qu’il connaisse la réponse à tout cela, mais je ne suis pas certaine de vouloir apprendre ses réactions face à moi, face aux mensonges que je lui ai promis. Non, je ne peux pas promettre que je ne me fâcherai pas, que je ne serai pas triste, que je ne ferai plus de crise d’anxiété. J’ai voulu faire ces belles promesses avec le seul but qu’il me rassure, qu’il y croit plus que moi j’y croyais… mais il est plus intelligent que cela et je dois le remercier, un jour, pour cela.

Je nous aurais ruinés plus qu’autre chose. Je suis incapable de contrôler mes émotions pour le moment, c’est pourquoi je me suis résignée, pour mon propre bien, de m’inscrire à des thérapies, à me faire déclarer plusieurs maladies mentales, à me faire dire que je serai sous médication toute ma vie alors que je ne veux qu’être normale… Les souhaits des adolescents ne devraient jamais être exhaussés. Ils ne savent pas dans quoi ils s’embarquent, ne savent pas ce qui est logique, rationnel. Tout est trop extrême… Alors lorsque j’ai souhaité d’être différente, d’être malade, d’avoir des problèmes pour de l’attention, je n’étais qu’une petite fille, seule, brisée par la lourde charge de la vie et de la mort, de la maladie et de la survie après les autres.

Mais je veux m’améliorer… Je veux pouvoir gagner les cœur d’autrui et qu’il veuille bien garder le mien. For better or for worst.

Mme Je

lundi 30 juillet 2012

La Mystérieuse Mme Je : Ma condition en ce soir noir et sombre.


Vous savez ce sentiment de perdre toute trace de la réalité ? Cette vague qui nous frappe et qui amène notre conscient loin, très loin. Comme un instinct de survie. Comme une poussé de notre subconscient qui nous dit : « Vas, vas vers un monde meilleur… ou noie-toi dans ce courant de tristesse qui va réduire ton cœur à néant, ton cœur si fragile et innocent à des cendres de ce que tu as réussi à recomposer. » Douce mélodie que je me suis donné à cœur joie, que je me suis créé pour me sauver de cette noyade certaine, de cette mort certaine et lente, terriblement lente, douloureuse. Agonisante. Cette mort, elle n’est pas physique. Elle est morale. Psychologique. Mort de l’âme et de l’esprit. Ça me prend au ventre, comme si je venais d’ingérer plusieurs charbons encore brûlants. Ma tête me tourne comme si je venais de prendre une grande bouffée d’hélium, comme si je venais de garder ma respiration pendant un trop long moment. Comme si je venais de me lever trop vite. Puis je me mets à paniquer, mais mon cœur ne bat pas plus vite, mon corps ne réagit plus à mes commandes ; mon esprit s’éloigne vers cet autre monde. Mon corps ne réagit plus pour ne pas subir les dommages de mon esprit tourmenté par le retour de mon cœur, mon cœur si fragile, pas encore remis de sa blessure, de son éclat de verre. Il bat toujours, mais pas sans aide. Pas sans aide de Monsieur Prince, pas sans aide de Madame Sœur, pas sans aide de Monsieur Gamer. Pas sans aide de tous ceux qui m’entourent et me supportent. Je ne suis pas bien. Je veux m’en aller, m’envoler dans un pays lointain où je serai heureuse, ou je n’aurai plus besoin de me convaincre de rester seule parce que sinon ce serait trop vite, parce que sinon je pourrais me blesser ou, pire encore, blesser quelqu’un… mais surtout, surtout… parce que j’ai encore espoir. Je ne veux pas me l’avouer, mais j’ai encore espoir.

Évidemment que j’ai fait exprès de tout ruiner. C’est mon système d’auto défense. Je fais exprès pour ruiner l’espoir qui me reste, comme ça je peux décrocher, je peux laisser place à un autre sentiment que l’amour dans mon cœur, un sentiment tout aussi puissant : la haine, la colère, le ressentiment. Justement ce que j’ai fait. Je fais ressortir mon trait de caractère qui rend ma douce moitié la plus en colère et je l’accentue fois mille. Résultat : affrontement sidéral, haine des deux côtés, colère effroyable et puis c’est fini. Je m’assurer de ruiner toute chance possible comme ça je souffre moins. Efficace… sauf que là, ce l’est moins. Pourquoi ? Parce que j’ai remarqué la faille dans mon système : je suis au courant que je ne suis pas vraiment en colère, mais que je me force à l’être. Donc ma colère diminue et les autres sentiments reprennent lentement le dessus. Le mauvais côté de cette histoire est que non seulement les sentiments reviennent, mais j’ai aussi mis une personne à mon dos, une personne que j’affectionne intérieurement et avec laquelle j’aimerais finir heureuse. Heureuse… voilà un mot que je n’arrive pas tout à fait à saisir. On dirait que lorsque je suis en compagnie de mes proches, je suis… sereine. Pas heureuse. Heureuse, c’est lorsque je suis dans les bras de quelqu’un que j’aime. Que J’AIME. Que je veux avoir un futur avec, que je veux passer tous les instants de ma journée avec. Que ça me fait de la peine si je suis éloignée, que ça me brise le cœur de savoir que j’ai peut-être fait un faux pas. Que ça me tue de savoir que c’est fini… juste à y penser, les larmes remontent même si j’ai pris mes calmants, mon ventre se noue en une douloureuse contraction alors que je le comprends : c’est fini. Ma relation est finie. Les faux espoirs, on les noie sous une couche de fausse haine. Oh, ça me rend malade. Physiquement…

On dit que, dans ma condition, je ressens tous les sentiments au moins dix fois plus fort que la normale. Donc lorsque je suis triste, j’ai dix fois plus mal. Lorsque je suis heureuse, je suis dix fois plus euphorique. Je ne veux pas être un martyr, c’est tout simplement ma santé mentale qui n’est pas aussi saine que je le laisse paraître. Je suis malade. Je le sais. Je travaille fort pour avoir un semblant de normalité ; personne ne veut d’une personne malade dans son entourage, personne ne veut avoir à supporter un autre à tous les jours, à devoir endurer mes sautes d’humeur, à devoir me réconforter, me soutenir, m’empêcher de me blesser. C’est trop… n’est-ce pas Monsieur Pretty Boy ? C’est pour cette raison que je laisse paraître mes vraies émotions qu’aux gens qui sont extrêmement près de moi. Comme mon amant, ma famille, mon amie d’enfance, mon meilleur ami. Parce que je compte sur eux. Parce que ce ne sont qu’eux qui ont droit à ma vraie personne, à ma personne imparfaite et moins belle. Je ne suis pas une belle personne à l’intérieur lorsque je ne vais pas bien. C’est pour cela que je me cloître dans ma chambre, que mon chien se sauve de moi, que je frappe mon oreiller parce que je suis impuissante, parce que je n’arrive pas à matérialiser mes émotions tellement elles sont fortes, elles me figent sur place.

J’ai non seulement une réception des sentiments beaucoup plus aiguë que la normale, mais j’ai, en plus, des variations extrêmes dans mes émotions. En gros, si on me fait chier, je vais répondre dix fois plus violemment et je risque de passer, en cinq minutes, dans toutes les étapes d’une hausse d’adrénaline : le sentiment de toute-puissance, la colère, le calme, les larmes et puis le regret. Et comme le regret est amer… et dure éternellement. Habituellement, les sentiments que je ressens beaucoup plus vivement sont aussi plus longs à estomper, mais avec ma deuxième condition, ils peuvent subitement changer, ou s’empiler, et s’augmenter entre eux. Ce qui donne une pauvre de moi qui a augmenté fois mille le sentiment de maniaque possessive sur Monsieur Pretty Boy pour qu’il me déteste. C’était assez facile à faire, en fait. Je peux être maîtresse de ruses et duperies du genre. Je suis si habituée à porter un masque d’hypocrisie que je réussi tout cela sans même y penser ; c’est si insidieux que cela.
Je suis donc prise avec un restant d’amour sur cet homme qui me semblait parfait avec son sublime physique allant chercher trait par trait tout ce que j’admire chez un homme ainsi que son caractère plutôt manipulateur qui m’excite sans oublier le fait qu’il adore les jeux vidéo.

Et me voilà en train de déblatérer cela. Pourquoi ? Parce que j’ai eu ce sentiment rapide et vainqueur, tantôt, qui m’a mise dans tous mes états, qui m’a donné une tête légère et des problèmes d’indigestions. Parce que j’ai vu un onze heures onze and I wished upon a shooting star. Pathetic, right ?

Mme je
qui t’aime
pour toujours
et encore…

samedi 14 juillet 2012

La Mystérieuse Madame Je : Ass Hole

I am tired of falling for huge dick heads. I am tired of always waiting on them, giving them my all to finally be abandoned. I want to be loved like I love. I want to be happy... But I always fall for the wrong guy. I want someone to take care of me when I'm feeling down, I want them to lend me a hand and help me go up high. I want to be someone's everything like they are to me. I have a love problem ; I have to much to give. It is overburdening, too much. I am too much. I have a disease that makes me go crazy and I'm working so hard to be normal like everyone else. It's so easy for them to live, they don't understand all the work I put into myself to be perfect. They don't understand how stressful it is to fulfill their every expectations. And that is what I want. I want to be perfect because if I am, everyone will love me, of course. I need love. Lots of love. I am so sick that I hate myself to the core of my being so I need someone to show me why I should be loved. Because I am not perfect.  People are often perfect to my eyes. I don't need much to love because everyone needs a chance and when you get to know them, you can see how beautiful they are inside. Oh how I love them all... My friends, my family and those special people so important to me... But why is everyone so mean to me ? Why are the guys I love always huge ass holes with me ? Why do they always take me for granted, take what they want from me and throw it away after they used up all my energy. Not my love, my patience and my energy. Because I love so much, I cannot tear someone away from my heart once they've gotten in. That's why it's so hard for me to say no. I just want to be happy with those people but they take advantage of me.... Why ?! Because I'm not normal and I have to much to give ? But why would they be so cruel ? They KNOW they're everything to me. They just know it. They cannot think otherwise because I'm always texting, always passing by, almost stalking for their attention. Yes, I am an attention whore but who cares ? I'm sick and I don't always see the love they give, I sometimes question, but... Is that really a reason to treat me this way ? Am I so horrible that I deserve this pain and this hate ? Because I've been down this road so many times that I believe them. I now believe I am a horrible person and I should always give more of myself and ask for nothing in return. I only want lovem and attention. I only need someone there for me. I want to spend the rest of my life with you by my side for ever and ever. Thank you Lonestar for those words. Thank you for tour song Amazed that has marked my soul with pure words I would love to hear and live. I only ask for love... Then why do I receive hate ? I give and give and sooner or later will not have anything left in me to give because nothing is filling this deep hole in my heart. It's only growing bigger and deeper and hurting me to the point salvation is unclear to me, disappearing. Soon, I will not be saved.